Synthèse des rapports d’évaluation Réseau DEPHY Ferme – groupes 30 000

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Identifiant documentaire 17-5646174
Identifiant OAI 5646174
Auteur(s): Aulagnier Alexis,Bonnevie Margot,Cst Ecophyto .
Mots clés Collectifs d'agriculteurs Agroécologie Accompagnement au changement Pesticide Ecophyto Evaluation de politique publique Groupes 30 000 Dephy Ferme
Date de publication 24/02/2026
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Recommandations communes 1.Formaliser les liens entre le réseau DEPHY Ferme et les groupes 30 000 – Conçus comme complémentaires, les deux dispositifs restent insuffisamment connectés dans les faits. Il est indispensable de formaliser précisément leurs liens, à l’échelle nationale comme locale. Cette réflexion doit concerner les relations concrètes entre groupes DEPHY Ferme et groupes 30 000, mais aussi la nature des références produites et les formes d’appropriation qui en sont attendues. Des ressources spécifiques devront être allouées au renforcement de ce lien, à la fois humaines et financières. Le CST recommande la création de postes dédiés. 2.Préciser les indicateurs – Les deux dispositifs doivent impérativement être dotés d’une panoplie d’indicateurs de suivi et d’évaluation pertinents et complémentaires. Il est en particulier nécessaire de distinguer les indicateurs de performance des exploitations et des groupes, et les indicateurs de suivi des dispositifs. Ces indicateurs devront être partagés et compréhensibles par tous. Il faut notamment clarifier la place accordée à l’objectif de réduction de 50 %. S’il reste l’objectif de la stratégie Écophyto 2030, il ne doit pas obligatoirement servir de référence dans le suivi de l’évaluation de l’efficacité des dispositifs, ni constituer le seul indicateur dans l’appréciation des performances des exploitations. 3.Mieux penser l’inscription des dispositifs dans les territoires – Alors que la territorialisation de la stratégie Écophyto 2030 est portée à l’échelle ministérielle, la contribution des deux dispositifs à cette dynamique doit être renforcée. Il s’agit de dégager du temps chez des agents impliqués dans les réseaux afin de nourrir les échanges avec des partenaires locaux précisément identifiés : collectivités territoriales (porteurs de projets alimentaires territoriaux), acteurs de l’eau (animateurs de captage ou de schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux). Une attention particulière aux territoires ultra-marins devra être portée. Il faut absolument éviter un rapport incantatoire à la logique territoriale. Celle-ci peut être vertueuse, mais la manière dont les dispositifs contribuent à des dynamiques locales doit être spécifiée, voire co-construite, et des ressources spécifiques doivent y être allouées. 4.Encourager et encadrer l’implication des opérateurs des filières économiques– Une incertitude subsiste quant aux modalités d’implication d’opérateurs économiques et d’autres acteurs des territoires dans les dispositifs. La fin récente de la séparation des activités de vente et de conseil pour les coopératives et les négoces doit être l’occasion de mener une réflexion sur la participation des agents de ces entreprises dans les dispositifs. Ces structures disposent d’une légitimité auprès des professionnels qui pourrait potentiellement être mise au service des réseaux. De même, des échanges plus nourris avec les organismes qui assurent des opérations de collecte et de commercialisation permettraient de lever des freins désormais bien identifiés aux changements de pratiques telle que les normes commerciales et les cahiers des charges. Si les modalités d’implication de ces structures doivent être précisés, elles laissent imaginer une prise en charge de questions relatives aux freins à la transition. DEPHY Ferme 5.Identifier stratégiquement les fermes à faire entrer en priorité dans le réseau – Le profil des exploitations à enrôler dans le réseau pour cette nouvelle vague de conventions doit être déterminé en conséquence des réflexions quant aux objectifs prioritaires du dispositif. Il s’agit d’une décision cruciale, qui dépendra largement de l’issue des réflexions collectives recommandées. L’accent devra par exemple être mis sur la diversité des exploitations – dans une logique de production de connaissances – ou sur leur ancrage local – dans une logique de démonstration. 6.Ouvrir la réflexion sur les activités des ingénieurs réseaux et territoriaux – Les agents engagés dans le réseau DEPHY Ferme souffrent de l’accumulation de missions difficiles à concilier, comme de conditions de travail difficiles. Le CST préconise l’ouverture d’une réflexion la plus large possible sur les manières de mieux associer ces missions dans la pratique quotidienne : clarification de la division du travail, allègement des fiches de poste, création de postes dédiés sur des fonctions précises (alimentation d’Agrosyst, massification, communication). Cette réflexion sera nécessairement menée en lien avec le travail de priorisation des objectifs du dispositif. 7.Intensifier et formaliser les liens entre le réseau DEPHY Ferme et les institutions du développement et de la formation agricoles – L’articulation entre le réseau et le monde agricole est la principale faiblesse du dispositif : c’est ce qui rend ses missions de « massification » et de « transfert » insatisfaisantes à ce stade. Le CST recommande un travail d’identification systématique des publics du réseau DEPHY Ferme : enseignement agricole ; agriculteurs ; techniciens ; groupes 30 000 et collectifs agroécologiques, notamment. Ce travail est indispensable pour formaliser les liens entre le réseau et ces publics – dans toute leur diversité. Ceci doit être fait pour ajuster la nature des références, supports et publications produites. Cette dynamique devra aussi passer par un engagement plus marqué des structures qui accueillent les agents, en particulier les chambres d’agriculture. Groupes 30 000 8.Installer une gouvernance nationale et élaborer une stratégie cohérente – L’évaluation montre que l’absence de leadership explicite fragilise la coordination et favorise des interprétations divergentes des objectifs, notamment entre les niveaux national et régional. Un pilotage clair est nécessaire pour améliorer la cohérence interne, la communication et la coordination entre acteurs. Cette gouvernance doit s’appuyer sur une feuille de route précise, déclinée par territoire et par filière, précisant les changements de pratiques visés. 9.Mettre en avant la plus-value par rapport à d’autres collectifs agroécologiques – Le déficit d’attractivité des groupes 30 000 s’explique en partie par l’existence d’autres dispositifs reposant sur une logique de mise en groupe, à l’image des GIEE. Il est nécessaire de mener une réflexion de fond sur les formes d’accompagnement – humain, technique, économique – à même de convaincre les agriculteurs de s’engager dans des démarches axées uniquement sur les enjeux de protection des plantes.

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