Rôles écologiques des routes forestières dans la conservation de la biodiversité floristique en forêt. Volet 1 : Test de l'effet de la distance à la route forestière stabilisée en calcaire. Rapport final de la Convention cadre Irstea - MEEDDTL – DEB – 2009/2011 - Projet n°25

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Identifiant documentaire 17-2597891
Identifiant OAI 2597891
Auteur(s): Avon C.,Dumas Yann,Bergès Laurent
Mots clés MONTARGIS FORET INGRANNES ORLEANS FORET BIODIVERSITÉ FLORE VASCULAIRE ROUTE FORESTIÈRE CHÊNAIE PORTÉE D'EFFET ROUTE CLOISONNEMENT ACIDITÉ DU SOL PERTURBATIONS TRAITS DE VIE
Date de publication 01/01/2011
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Ce volet du projet s'intéresse à évaluer les effets de la route forestière sur la biodiversité floristique sur stations sableuses et acides à la suite de l'étude conduite par Avon et al. (2010) en forêt domaniale de Montargis. L'étude, réalisée dans un contexte plus perturbé sur le massif d'Ingrannes en forêt domaniale d'Orléans, vise à : (1) analyser quel est l'effet de la distance à la route sur la flore dans un contexte de milieux acides, en se plaçant sur des routes stabilisées par des matériaux calcaires et au sein de peuplements très jeunes (stade régénération et fourré) ; (2) évaluer comment la présence de cloisonnements module la réponse de la flore à la distance à la route. Le plan d'échantillonnage comprend 14 parcelles dominées par le chêne sessile et de hauteur variant entre 0,6 et 6,1 m dans lesquelles ont été installés 2 transects perpendiculaires à la route, l'un sur un cloisonnement d'exploitation, l'autre hors cloisonnement. Sur chaque transect, 8 relevés sont effectués depuis la banquette de la route jusqu'à 60 m dans la parcelle, et la flore vasculaire et non vasculaire inventoriée sur une surface de 4 m². La réponse de la biodiversité floristique à la distance à la route et au cloisonnement a été analysée selon 3 approches complémentaires : à l'échelle de la communauté selon la valeur indicatrice moyenne pour les gradients de pH, d'azote, d'humidité du sol et de lumière, la richesse locale et globale, et la composition floristique ; à l'échelle de l'espèce et à l'échelle des traits de vie (forme biologique, préférence d'habitat, stratégie adaptative CSR de Grime, mode de dispersion, vecteur de pollinisation et combinaison poids-longueur de la graine). Nos résultats montrent que les communautés floristiques s'organisent selon des trajectoires différentes en cloisonnement et hors cloisonnement, ce qui définit trois habitats distincts : la banquette, l'intérieur en cloisonnement et l'intérieur en peuplement. La banquette et l'intérieur du cloisonnement partagent un ensemble de traits qui sont largement dominants sur la banquette et très majoritaires à l'intérieur en cloisonnement : espèces nonforestières, héliophiles et basophiles, à stratégie plus rudérale, myrmécochores, barochores et épizoochores, à graines légères et courtes. Au contraire, l'intérieur hors cloisonnement héberge une communauté d'espèces rares voire absentes de la banquette et qui peut se retrouver, de manière minoritaire, en cloisonnement en particulier pour les distances les plus éloignées de la route : espèces forestières, espèces de forêts anciennes, sciaphiles et acidophiles, bryophytes, chaméphytes et phanérophytes, et endo-zoochores. L'effet lisière de la route s'étend jusqu'à 10 m hors cloisonnement, et jusqu'à 20 et même 60 m pour certaines plantes en cloisonnement. Le cloisonnement est donc une voie de pénétration préférentielle pour les espèces non forestières et de milieux ouverts. De plus, en forêt d'Orléans, l'effet de la route pénètre plus loin dans la parcelle qu'en forêt de Montargis. Ces différences peuvent s'expliquer par l'âge des peuplements et par la nature de la route forestière, dans la mesure où les peuplements étaient plus âgés à Montargis (gaulis et jeune futaie) et les routes nettement moins calcaires. Notre hypothèse d'un effet plus fort de la route forestière dans un contexte plus perturbé (jeune peuplement, route calcarisée, cloisonnement) est donc vérifiée. Le rôle joué par le passage des engins et l'effet des entretiens sylvicoles sur l'introduction d'espèces non forestières en particulier réclame une plus grande prudence dans la gestion forestière. Il est important (1) d'utiliser des matériaux endogènes ne modifiant pas le pH du sol pour l'entretien et la réfection des chaussées des routes forestières, (2) de bien évaluer l'intérêt de créer de nouvelles routes au regard des effets négatifs engendrées sur la biodiversité floristique, (3) de limiter la densité des cloisonnements et la durée de leur entretien.

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