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Note sur les concepts de « pleine naturalité » et de « protection forte » pour soutenir la définition de nouveaux objectifs dans le cadre de la Stratégie nationale aires protégées 2020-2030
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Producteur
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Éditeur(s)
Identifiant documentaire
25-4271221
Identifiant OAI
4271221
Notice source
https://mnhn.hal.science/mnhn-04271221v1
Auteur(s):
Rouveyrol Paul,Léonard Lilian,Hérard Katia
Mots clés
Date de publication
01/10/2019
Date de création
Date de modification
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Région
Département
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Description
Suite à la déclaration du 6 mai 2019 du Président de la République, et dans le cadre de la rédaction de la feuille de route 2020-2030 définissant les orientations stratégiques de l’État sur les aires protégées, il est apparu un besoin de clarification des concepts de « pleine naturalité » et par extension de « protection forte » en relation avec la définition et le suivi d’objectifs quantitatifs et qualitatifs. Pour évaluer la naturalité, la littérature scientifique comme les définitions utilisées au niveau européen ou international s’appuient sur trois critères: l’intégrité biophysique (positionnement sur un gradient d’artificiel à originel), la spontanéité (niveau d’influence de l’Homme sur l’évolution actuelle du milieu) et la continuité spatio-temporelle (taille, connectivité et ancienneté). En l’absence de zones de naturalité complète en France métropolitaine et dans la majorité des Outre-mer, la notion de « pleine » naturalité demande de fixer des seuils pour ces trois critères. Une cartographie du niveau de naturalité des milieux est en cours au niveau national. La protection forte est une notion préexistante dans la politique Aires protégées française. Compte tenu de la diversité des modalités et objectifs de protection et de gestion compris dans le terme « aire protégée » (au sens d’Aïchi), elle doit permettre de distinguer les dispositifs les plus engageants en termes de moyens de conservation. Pour le domaine métropolitain terrestre, elle désignait, dans le cadre de la SCAP, les outils réglementaires. Cette approche, aisée à mettre en œuvre, est cependant souvent jugée simplificatrice, et régulièrement accusée d’instaurer un clivage artificiel entre outils. Pour le domaine marin, l’identification des protections fortesrépond à un cadre national et passe par un diagnostic fin, mené à l’échelle de chaque site, mettant en relation les enjeux de conservation, la gestion mise en œuvre et son impact réel sur les pressions. Cette approche, plus précise, est cependant exigeante et peut s’avérer plus complexe à reproduire dans un réseau de nombreux petits sites, cas du domaine terrestre. Les deux notions, naturalité et protection forte, convergent pour certains milieux, comme en mer ou pour les habitats forestiers, et divergent pour certains, en particulier les milieux agropastoraux : la notion de pleine naturalité ne s’applique pas à ces milieux anthropisés qui peuvent néanmoins largement intégrer des objectifs de protections fortes. La construction d’une stratégie Aires protégées passe par la définition de la cible à atteindre puis des modalités de son diagnostic. Des scenarii sont proposés, croisant trois alternatives : cibler la naturalité et/ou la protection forte, mener le diagnostic à une échelle globale (approche descendante) ou locale (approche ascendante) et évaluer les moyens mis en œuvre (approche a priori), ou les effets de la protection sur le milieu (approche a posteriori). Ces scenarii nous semblent être à combiner pour construire une stratégie pertinente. Ils devront s’appuyer sur un état des lieux préalable du niveau actuel de protection, d’abord par le statut puis par un diagnostic de la conservation effective. En parallèle, un diagnostic du degré de naturalité du territoire sera à engager, qui s’appuiera sur les expériences de cartographie engagées à l’échelle nationale. Naturalité et protections fortes constituent deux approches pertinentes et correspondent à des cibles à conserver et concilier : la naturalité ne peut en aucun cas constituer l’objectif unique, ne serait-ce que pour assurer la conservation des milieux agropastoraux, mais aussi pour ne pas porter tous les efforts sur les milieux les plus à l’écart des pressions. Il s’agit cependant d’une valeur méritant une place plus importante dans le réseau des aires protégées. Il est important de veiller à ce que ces deux notions ne soient pas dénaturées au prétexte de la poursuite des seuls objectifs quantitatifs annoncés. Ainsi, nous recommandons de décliner les objectifs par domaine biogéographique et par milieu et non uniquement au niveau national, pour assurer un niveau d’ambition élevé sur l’ensemble du territoire. Enfin, en termes de mise en œuvre de la politique, l’articulation du national et du local, en donnant une forte place à l’échelon régional, doit permettre à la fois une meilleure appropriation et un diagnostic plus fin.
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