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Identifiant documentaire
25-5394862
Identifiant OAI
5394862
Notice source
https://hal.science/hal-05394862v1
Auteur(s):
Buchet Lilou,Ghislain Manon,Guillet Fanny,Fontaine Benoit,Parada Alexandra Villarroel
Mots clés
Ornithologie
Sociologie
Baguage d'oiseaux
Inégalités de genre
Date de publication
17/11/2025
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Description
Une analyse conduite en 2024 sur la communauté des bagueur.euse.s d’oiseaux a mis en évidence la faible féminisation des bénévoles qualifié.e.s, malgré une parité observée pendant la formation. Si les femmes représentent environ la moitié des aide-bagueur.euse.s, elles ne constituent plus que 5 % des bagueur.euse.s. La présente étude interroge les mécanismes qui produisent cette disparité genrée et cherche à dépasser l’explication d’une exclusion résultant du simple choix individuel. Ce sont en effet les origines de ce monde social, historiquement masculin, et les codes qui y sont revendiqués – comme un fort esprit de compétition, qui sont régulièrement pointés du doigt comme principaux facteurs du détournement des femmes de l’activité de baguage. Pourtant, l’enquête permet de nuancer cette lecture et de mettre en évidence une pluralité d’obstacles qui empêchent les effectifs féminins de parvenir jusqu’à la qualification. Une accumulation de contraintes structurelles conduit à l’(auto)-exclusion des femmes du parcours de baguage. Différents facteurs sont identifiés à partir des réflexions de Dulong (2021), relevant d’une dimension sociologique (socialisation genrée différenciée), anthropologique (biais et stéréotypes sur le « féminin ») et organisationnelle (règles involontairement discriminantes). L’enquête met en avant différents facteurs d’(auto)-exclusion qui témoignent de la manière dont des obstacles externes et internes au monde du baguage se construisent et se renforcent mutuellement. A l’extérieur de la communauté de baguage, la charge mentale dans la vie privée ; cette dernière repose en plus grande partie sur les femmes, ce qui réduit leurs opportunités de s’investir dans la formation de baguage. Cette formation représente en outre déjà un investissement de temps plus important pour les femmes, qui partent en général avec moins de connaissances en ornithologie que les hommes. Un deuxième facteur important est la socialisation genrée différenciée qui a tendance à exacerber chez les femmes le sentiment d’illégitimité – un handicap dans une formation qui valorise la prise d’initiative. L’assurance est, de surcroît, un atout majeur arriver jusqu’à l’examen de qualification : aucun écart de niveau n’existe entre hommes et femmes, qui réussissent dans les mêmes proportions cet examen ; en revanche, les femmes sont moins nombreuses à se présenter. En plus des facteurs précédents, un problème interne à la communauté de baguage représente un obstacle au bon déroulement de la formation pour les femmes : elles sont plus susceptibles de faire face à une discrimination directe et à des violences verbales, parfois physiques – des risques renforcés par la configuration des stations de baguage. Cette accumulation de facteurs amène à se pencher sur les mécanismes sociaux développés par celles qui restent, pas seulement dans le baguage, mais plus largement, dans les métiers de l’environnement. Ces pluralités de facteurs permettent de mettre en évidence le caractère conjoncturel de certains facteurs, notamment ceux relevant de l’organisation du baguage, qui peuvent être amoindris par une intervention institutionnelle. Ce travail ouvre des pistes de réflexion pour réviser les modalités de formation, de pratiques de terrain et les conditions d’accès à la qualification, afin de favoriser une participation féminine plus équitable et durable au sein de la communauté des bagueur.euse.s. Au-delà de la question des dynamiques genrées, cette recherche saisit les signes de transformations plus générales traversant le baguage ornithologique, voyant une pratique de loisir céder du terrain à une appréhension de plus en plus professionnelle de la pratique, un contexte propice à l’évolution des valeurs, des normes et des pratiques potentiellement plus inclusives.
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