Développement méthodologique de la surveillance des élasmobranches dans le cadre de la DCSMM

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Identifiant documentaire 25-4968163
Identifiant OAI 4968163
Auteur(s): Bisch Amaëlle,Delesalle Marine,Acou Anthony
Mots clés DCSMM D1C2 OSPAR Élasmobranches FC1 Évaluation du bon état écologique Campagnes scientifiques Pêche professionnelle
Date de publication 26/02/2025
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La méthodologie d’évaluation proposée dans le cadre du cycle 3 de la DCSMM aura permis d’évaluer quantitativement le critère D1C2 de 21 espèces de raies et 15 espèces de requins dans une ou plusieurs sous-régions marines (SRM) de France Métropolitaine. Cette évaluation, basée sur l’utilisation de l’indicateur FC1 : « Rétablissement de l’abondance des populations d’espèces sensibles » développé dans le cadre d’OSPAR repose sur la mobilisation des données de présence et d’absence issues des campagnes de chalutage scientifique. Dans le cadre des travaux présentés dans ce rapport, nous avons cherché à mobiliser l’ensemble du jeu de données compilé dans le cadre de la sous-action 1 « Cartographier la présence et la sensibilité des différentes espèces d’élasmobranches réglementées » de l’action 1 et avons appliqué la méthodologie de calcul de l’indicateur FC1 sur ce nouveau jeu de données. Ce dernier est constitué des données de campagnes de chalutage scientifique (DATRAS, MEDITS), d’observation de surface (PELAGIS Megascope) et du suivi de la pêche professionnelle (ObsMer). Les principales conclusions de l’étude ont permis de mettre en évidence plusieurs éléments : 3 espèces (Dipturus oxyrinchus en SRM Manche - Mer du Nord (MMN), Gymnura altavela en SRM Golfe de Gascogne (GdG), Leucoraja circularis en SRM MMN) sont présentes dans la liste d’espèces D1PC évaluées au cycle 3, mais sur la base des données compilées dans le cadre de l’action 1 du PdA et de la littérature, ces-dernières ne sont pas présentes dans les eaux françaises. Il sera proposé au prochain cycle de les retirer des espèces à évaluer dans ces SRM ; 10 espèces supplémentaires (Bathytoshia lata, Centroscymnus coelolepis, Chimaera monstrosa, Dasyatis tortonesei, Deania calcea, Etmopterus princeps, Etmopterus spinax, Hexanchus griseus, Pteroplatytrygon violacea, Scymnodon ringens), non présentes dans la liste d’espèces D1PC évaluées au cycle 3, pourraient selon notre méthodologie faire l’objet d’une évaluation quantitative du critère D1C2 au prochain cycle. Ceci est particulièrement important pour les espèces dites « red-flag » (i.e. au statut UICN dégradé et/ou inscrites aux annexes de(s) convention(s) internationale(s)) telles que Bathytoshia lata (statut UICN VU en Méditerranée), Centroscymnus coelolepis (listée OSPAR et statut UICN EN en Europe), Deania calcea (statut UICN EN en Europe), et enfin Hexanchus griseus (annexe I de l’UNCLOS). Parmi les espèces présentes dans la liste d’espèces D1PC évaluées au cycle 3 et qui ont fait l’objet d’une évaluation qualitative, 8 espèces pourraient faire l’objet pour la première fois d’une évaluation quantitative du D1C2 pour une ou plusieurs SRM (Dipturus batis en Mers Celtiques (MC) et GdG, Myliobatis aquila dans la division Golfe du Lion (GdL) de la Méditerranée occidentale (MO), Alopias vulpinus dans la division GdL de la MO, Centrophorus squamosus en MC et GdG, Cetorhinus maximus en MMN et GdG , Isurus oxyrinchus en MC, Lamna nasus en MMN, MC et GdG, Prionace glauca en MMN, MC et GdG) Enfin, la méthode permet, pour 8 raies et 4 requins, de réaliser 21 nouvelles évaluations quantitatives du critère D1C2 à l’échelle de SRM qui n’avaient pas été évaluées jusque-là. Par ailleurs, ces travaux apparaissent comme particulièrement pertinents dans l’objectif d’améliorer le niveau de confiance des évaluations grâce à une meilleure adéquation des échelles spatiales et temporelles. Pour rappel, les zones et périodes d’évaluation à considérer pour la DCSMM et OSPAR sont différentes, et réaliser des évaluations quantitatives à l’échelle des SRM françaises et pour une période d’évaluation adaptée au cycle DCSMM permet un plus fort niveau de confiance. La méthodologie du FC1 a ici été mobilisée en utilisant uniquement les données disponibles dans les SRM de France métropolitaine et non à l’échelle des régions OSPAR comme cela a été réalisée lors de la précédente évaluation du BEE cycle 3. De plus, l’indicateur OSPAR FC1 se base sur des campagnes de chalutage scientifique qui sont globalement peu adaptées à la capture des élasmobranches. En analysant les données à notre disposition qui comprennent, en plus des campagnes scientifiques, les données du suivi de la pêche professionnelle ObsMer, on note un nombre d’occurrences plus important pour un grand nombre d’espèces d’intérêt dans les données du suivi de la pêche professionnelle que dans celles issues des campagnes scientifiques. De plus, l’indicateur OSPAR FC1 se base sur des campagnes scientifiques qui sont généralement déployées lors d’une seule saison. Ceci peut provoquer un autre biais d’interprétation ou un manque de données notamment dans le cas des espèces présentant une saisonnalité dans leurs occurrences. Autre élément à considérer, les périodes utilisées comme « références » ou « à évaluer » lors du calcul de l’indicateur OSPAR FC1 ne sont pas en adéquation avec les cycles DCSMM français. En effet, la période évaluée de 6 années par OSPAR varie entre 2013 et 2020 selon les campagnes alors que l’évaluation du 3e cycle de la DCSMM en France correspond à 2016 - 2021. Il est donc important de réévaluer en sélectionnant les périodes en cohérence avec les cycles DCSMM français afin d’éviter tout biais d’interprétation. En conclusion, les résultats montrent qu’il est possible et intéressant, en particulier dans le cas d’espèces à occurrences rares, d’appliquer l’indicateur FC1 à différents jeux de données. En perspectives , il reste cependant à approfondir la méthodologie à appliquer pour la sélection des données issues du suivis de la pêche professionnelle afin d’avoir une cohérence d’effort (i.e., saison, durée des opérations de pêche) entre les périodes de référence et celle à évaluer.

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