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Conséquences populationnelles de la perte fonctionnelle d'habitat : un angle mort dans l'évaluation des impacts de l'éolien terrestre sur les oiseaux
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Producteur
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Éditeur(s)
Identifiant documentaire
17-5568531
Identifiant OAI
5568531
Notice source
https://ofb.hal.science/hal-05568531v1
Auteur(s):
Vallecillo David,Besnard Aurélien,Millon Alexandre,Chambert Thierry
Mots clés
Modèles individu-centrés
Impacts démographiques
Effets cumulatifs
Perte d'habitat
Comportements d’évitement
Date de publication
26/03/2026
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Description
L’expansion de l’énergie éolienne terrestre constitue l’un des piliers de la transition énergétique, mais elle soulève des inquiétudes pour la faune volante, notamment les populations d’oiseaux. Si les impacts létaux liés aux collisions sont de plus en plus intégrés dans les évaluations d’impact, y compris à l’échelle démographique, les impacts non létaux induits par les comportements d’évitement restent largement négligés à ce jour. Les oiseaux peuvent éviter les turbines à différentes échelles spatiales, depuis l’évitement de proximité (micro-évitement) jusqu’à l’évitement d’une zone entière (macro-évitement). Le macro-évitement peut entraîner une perte d’habitat fonctionnel pour les individus, modifier la structure de leurs domaines vitaux et augmenter les coûts énergétiques liés aux déplacements. Ces effets sont susceptibles de se traduire par une baisse de la condition corporelle, de la réussite reproductive et/ou de la survie. L’évaluation des impacts des parcs éoliens ne devrait donc pas se limiter à la mortalité par collision. Toutefois, les études empiriques disponibles restent encore trop rares pour établir des liens robustes entre évitement et dynamique de population. Dans cette note, nous synthétisons les connaissances actuelles sur les comportements d’évitement des oiseaux face aux parcs éoliens terrestres et identifions les principales lacunes méthodologiques et conceptuelles qui limitent notre capacité à estimer leur impact à l’échelle démographique. Nous montrons que les études existantes reposent souvent sur des comptages, qui renseignent mal les mécanismes sous-jacents, alors que les suivis GPS, plus précis, restent coûteux et difficiles à généraliser. Les dispositifs BACI (before-after-control-impact), plus solides scientifiquement, sont encore trop peu utilisés. Par ailleurs, la plupart des études sont de courte durée, peu répliquées et peu comparables entre elles. Il en résulte une littérature fragmentée, avec des résultats parfois contradictoires et insuffisants pour alimenter directement des modèles démographiques. Face à ce constat, nous soutenons que les modèles mécanistes individu-centrés (individual-based models, IBM) offrent un cadre prometteur pour relier les comportements individuels aux conséquences démographiques, et ainsi tenter d’évaluer l’impact populationnel du macro-évitement. Ce type de modèle permet de représenter explicitement les règles de décision des individus, leurs budgets énergétiques, leurs déplacements, leurs interactions avec l’environnement et, in fine, leurs effets sur la survie et la reproduction. L’intérêt de cette approche est de pouvoir simuler différents scénarios d’évitement et de configuration spatiale des parcs éoliens, afin d’estimer les conséquences cumulées de la perte d’habitat fonctionnel à l’échelle d’une population. En fin de note, nous proposons que le développement initial de tels modèles repose sur des espèces bien étudiées, pour lesquelles on dispose à la fois de données de suivi individuel, de paramètres démographiques et d’informations sur l’utilisation de l’espace. Les rapaces apparaissent comme des candidats particulièrement pertinents, en raison de leur sensibilité connue aux infrastructures éoliennes, de leur taille corporelle permettant le marquage GPS, et de l’existence fréquente de suivis démographiques à long terme. Ces espèces offrent donc un bon cadre de preuve de concept pour tester la faisabilité d’un modèle mécaniste appliqué aux effets de type « perte d’habitat ». L’intégration de la perte d’habitat fonctionnel aux côtés du risque de collision constitue une étape essentielle pour mieux anticiper les impacts cumulés et orienter une planification durable du développement de l’énergie éolienne.
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