Bilan du suivi du stock de saumon sur la Nivelle

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Identifiant documentaire 17-5365271
Identifiant OAI 5365271
Auteur(s): Buoro Mathieu,Lange Frédéric,Prévost Etienne
Mots clés Saumon Nivelle Dynamique de populations
Date de publication 12/11/2025
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Un programme scientifique de suivi des poissons diadromes de la Nivelle est mis en œuvre depuis 1984. Il se déroule grâce à un large partenariat qui lie INRAE avec l’association MIGRADOUR, la Fédération pour la Pêche et la Protection des Milieux Aquatiques des Pyrénées Atlantiques, l’AAPPMA Nivelle – Côte Basque, l’Office Français pour la Biodiversité et la Communauté d’Agglomération Pays Basque. INRAE, MIGRADOUR et l’AAPPMA de la Nivelle assurent la collecte des données aux deux installations de piégeage d’Uxondoa et d’Olha. Le programme bénéficie du soutien financier de nombreux partenaires, dont en particulier l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, l’Union Européenne (fonds FEDER) et la Fédération Nationale de la Pêche. L’objectif de ce programme était initialement l’évaluation à long terme d’une population de saumon sur un cours d’eau colonisés par cette espèce dans le sud de son aire de répartition et ce focus sur le saumon demeure. La Nivelle fait partie du réseau international des « Index Rivers » du Conseil International pour l’Exploitation de la Mer (CIEM). Elle émarge à un observatoire de recherche en environnement « Poissons diadromes dans les Fleuves Côtiers » (DiaPFC) au sein duquel elle est associée à 3 autres cours d’eau observatoires (l’Oir et la Bresle en Normandie et le Scorff en Bretagne). L’ORE DiaPFC est le fruit d’un partenariat étroit entre l’Office Français pour la Biodiversité et INRAE. Depuis le début des années 80, le programme de suivi de la population de saumon collecte des données à différents stades du cycle biologique de l’espèce : adultes anadromes lors de leur montaison grâce aux deux stations de contrôle d’Uxondoa et d’Olha. juvénile de l’année (tacon) en rivière avec la réalisation d’un échantillonnage en automne par pêche à l’électricité sur 22 stations distribuées sur la Nivelle et ses affluents. reproduction hivernale en décembre et janvier où les frayères de saumon sont dénombrées sur le cours principal de la Nivelle et ses affluents. L’évolution des retours d’adultes dans la Nivelle est marquée par une césure majeure intervenant au début des années 2000 (2002-2003), avec une réduction très significative des retours de castillons. C’est également à cette période que débute une diminution de la taille des adultes, plus marquée chez les castillons que chez les saumons de printemps. Les castillons, qui constituent la fraction largement majoritaire parmi les adultes anadromes, est donc celle qui a évolué globalement le plus négativement. Cette évolution s’accompagne d’une réduction de la part relative des castillons dans les retours. Avec seulement 4 individus estimés, 2024 est la pire remontée de castillons jamais observée alors que celle des saumons de printemps est au dessus dans la moyenne (44 individus). A la différence des retours d’adultes, l’abondance des juvéniles (tacons de l’année observés en automne) reste stable au cours du temps, bien que fluctuant fortement d’une année sur l’autre. La réduction de la quantité d’œufs pondus par les femelles adultes, intervenue au début des années 2000, n’a donc pas eu à ce jour d’effet significatif sur le renouvellement des générations sur le statut de conservation de la population. On notera cependant que la très faible densité d’œufs déposés dans la Nivelle en 2023 a produit la plus faible densité globale de tacons 0+ en 2024. Du suivi depuis 4 décennies de la population de saumon de la Nivelle émerge un bilan contrasté. Les capacités de production de juvéniles en eau douce (survie de l’œuf au tacon) se sont améliorée et la récente ouverture des parties les plus amont du réseau situées en Espagne devrait contribuer à accentuer cette évolution positive. Dans le même temps, la capacité à convertir les juvéniles produits en adultes anadromes de retour dans la Nivelle s’est dégradée. La résultante de ces 2 évolution opposées est plutôt négative si on la juge à l’aune des retours d’adultes et de la dépose d’œufs qui stagnent à des niveaux faibles depuis le début des années 2000. Dans ce contexte général, les toutes dernières années sont plus particulièrement préoccupantes, avec des taux retours très bas et successivement pour les 3 dernières cohortes, qui se traduisent au cours des 3 dernières années par des retours de castillons et des déposes d’œufs les plus faibles jamais observés. Les années qui viennent seront cruciales pour savoir si ce point bas est temporaire ou s’il marque l’entrée dans une période encore plus difficile pour la population de saumon de la Nivelle. Face à cet avenir incertain, qui sera influencé par les effets potentiellement négatifs du changement climatique en cours, l’extension significative des zones colonisables par le saumon sur le bassin consécutive à l’arasement du barrage d’Urrutinea en 2023 est un réel atout. Mais cela doit s’accompagner d’une réduction maximale de toutes les sources de mortalités maitrisables.

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