Approche bioculturelle des dynamiques d’encépagement en Gaillacois

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Identifiant documentaire 17-4965404
Identifiant OAI 4965404
Auteur(s): Doncieux Antoine
Mots clés Résilience Viticulture Stabilité des rendements Savoirs locaux Interdisciplinarité Circulation des savoirs Changement climatique Approche bioculturelle
Date de publication 04/04/2023
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L’agriculture actuelle doit relever de nombreux défis : concilier les besoins croissants des populations tout en préservant l’environnement, et ce dans un climat très instable. Dans ce contexte, mobiliser la biodiversité, autant sauvage que domestiquée, représente une solution prometteuse pour construire une agriculture durable et résiliente. La culture de la vigne (au 3ème rang des plus rentables économiquement) est fortement menacée par les changements climatiques et altère la santé humaine et environnementale du fait de consommation importante en pesticides. Dans une filière contrainte par des règlementations aux échelles des régions viticoles, ma thèse questionne la manière dont se construit l’agrobiodiversité à différentes échelles spatiales (du domaine à un ensemble de régions viticoles) pour contribuer à leur résilience dans un contexte de changement climatique. Plus spécifiquement, ma thèse s’articule autour de trois objectifs : (1) caractériser les dynamiques passées et futures de l’encépagement de l’exploitation à la région viticole, (2) identifier les facteurs (contraintes exogènes, motivations individuelles, sources d’information) qui influencent la prise de décision des producteur·rices en matière d’encépagement, et (3) tester le rôle de la diversité variétale de la vigne pour stabiliser les rendements interannuels. Pour ce faire, cette thèse combine l’analyse des savoirs locaux des producteur·rices relatifs aux cépages et aux paysages en mobilisant les concepts et méthodes de l’éthnoécologie, avec les savoirs académiques issus de l’écologie et de l’agronomie. Mon terrain d’étude se situe à Gaillac, dans le Tarn. L’analyse combinée de données agricoles historiques, de documents d’archives et d‘entretiens semi-directifs révèlent l’abandon de 174 cépages (77.6% d’hybrides) entre 1960-2020 mais montre aussi le maintien de plus de soixante cépages, ce qui en fait l’un des vignobles les plus diversifiés de France (Chapitre 1). Ces dynamiques s’opèrent en réponse à des facteurs socio-économiques, technologiques, environnementaux et culturels. La diversité a été maintenue comme une assurance contre le risque de mauvaise récolte et pour atténuer la volatilité des marchés (Chapitre 1). Au sein de cette diversité, les cépages sont choisis en relation avec la réglementation et pour répondre à des nécessités agronomiques, œnologiques et commerciales, mais également pour exprimer des relations sensibles tissées avec le lieu et avec la nature. Le choix des cépages résulte ainsi d’un processus social. L’analyse des réseaux de circulation de connaissances (Chapitre 3) montre enfin que les sources mobilisées pour l’acquisition d’informations sur les cépages et la gestion de l’enherbement se diffusent majoritairement entre pairs, tandis que les connaissances relatives aux porte-greffes et aux clones s’obtiennent des pépiniéristes et des instituts techniques. D’après les enquêtes, le changement climatique influence actuellement peu le choix futur des cépages (Chapitre 2, Annexe 3), mais modifie le choix des sites de plantation (Chapitre 1 et Annexe 3). Ma recherche montre que les dynamiques de la diversité peuvent avoir un rôle important dans la résilience des systèmes viticoles face aux changements climatiques. En effet, l’analyse de données de rendement sur la période 2015-2020 pour trois régions viticoles (Cahors, Fronton et Gaillac) révèlent que plus la diversité en cépages est élevée, plus le rendement est stable face aux variations interannuelles du climat (Annexe 2). Ma thèse souligne le caractère dynamique de l’encépagement et démontre les bénéfices d’une approche bioculturelle pour contribuer à utiliser l’agrobiodiversité comme un levier de la résilience des systèmes viticoles.

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