Document généré le 14/08/2026 depuis l'adresse: https://www.documentation.eauetbiodiversite.fr/fr/notice/coexistence-entre-activites-humaines-et-biodiversite-dans-un-contexte-de-changements-globaux-une-approche-spatio-temporelle-explicite
Coexistence entre activités humaines et biodiversité dans un contexte de changements globaux : une approche spatio-temporelle explicite
Titre alternatif
Producteur
Contributeur(s)
Éditeur(s)
Identifiant documentaire
17-5140027
Identifiant OAI
5140027
Notice source
https://theses.hal.science/tel-05140027v1
Auteur(s):
Charlot Perle
Mots clés
Modélisation
Sélection de l'habitat
Niche écologique
Socio-Écosystèmes
Ressources
Interactions
Date de publication
09/12/2024
Date de création
Date de modification
Date d'acceptation du document
Date de dépôt légal
Langue
Thème
Type de ressource
Source
Droits de réutilisation
Région
Département
Commune
Description
Le déclin de la biodiversité, provoqué par des pressions anthropiques, influence le fonctionnement des sociétés humaines qui reposent en partie sur les écosystèmes pour leur bien-être. La reconnaissance des interactions complexes et imbriquées entre dynamiques écologiques et socio-économiques a conduit à un recentrage de la biologie de la conservation et de l'écologie sur l'étude des socio-écosystèmes et de la coexistence de leurs composantes face aux changements globaux. Bien que des recherches aient été menées, la complexité des interactions écologiques et sociales soulève encore des questions, notamment sur le rôle des relations entre les organismes vivants et leur environnement dans les processus de coexistence. Dans ma thèse, j'ai étudié les socio-écosystèmes de montagne dans les Alpes, qui, bien que relativement préservés jusqu'ici, subissent des transformations dues à l'augmentation des activités récréatives en altitude.J'ai d'abord examiné les interactions entre humains et faune sauvage sous l'angle de la perturbation humaine, en analysant comment l'occupation de l'espace par les activités récréatives affecte les habitats et les ressources alimentaires des chamois (Rupicapra rupicapra) dans le massif des Bauges. J'ai modélisé la distribution de chamois en intégrant des données temporelles, spatiales et environnementales, ce qui m'a permis d'identifier les zones favorables à leur présence. En simulant différents scénarios de perturbation humaine, j'ai comparé les surfaces d'habitats favorables, révélant que la population de chamois évite les zones fréquentées par les humains, entraînant une perte moyenne de 9 % d'habitats hautement favorables et de 3 % d'habitats à forte biomasse.J'ai ensuite adopté une nouvelle perspective sur les interactions entre activités humaines et faune sauvage en intégrant ces différents agents dans un même cadre. En me concentrant sur une zone protégée du massif de Belledonne, j'ai cherché à caractériser la co-présence entre le pastoralisme (pâturage de brebis), la randonnée pédestre et la nidification du tétras-lyre (Lyrurus tetrix) en adaptant la théorie de la niche écologique. Grâce à un cadre multidimensionnel, j'ai cartographié les variables influençant leur distribution et comparé les niches dans un espace synthétisé à deux dimensions. J'ai constaté que le plan écologique du socio-écosystème d'alpage se structure autour d'un gradient d'intensité de modification anthropique et de végétalisation. Seules les exigences environnementales de la randonnée et du pâturage sont statistiquement similaires.Le dernier chapitre, fruit d’une collaboration pluridisciplinaire, a permis une réflexion approfondie sur la comparaison des approches étudiant les interactions entre êtres vivants, à travers l’écologie, la biologie de la conservation, la géographie et la sociologie. Une distinction notable entre les disciplines est apparue : en sciences environnementales, l'accent est mis sur les résultats des interactions, tandis qu'en sciences sociales, l'attention se porte davantage sur les processus en amont et concomitants à ces interactions. Je recommande d’employer une complémentarité d’approches pour mieux appréhender les interactions au sein des socio-écosystèmes.Je m'appuie sur ces chapitres, qui offrent des perspectives complémentaires pour analyser les activités humaines, à la fois en tant que perturbation et agents actifs, pour révéler parfois une compétition pour l'espace ou les ressources entre la faune sauvage et les êtres humains. Je conclus en soulignant que le choix d'étudier les interactions dans les socio-écosystèmes sous l'angle de la coexistence n'est pas anodin, reconnaissant que ce terme porte une charge normative, notamment dans l'idéal positiviste d'une cohabitation durable. Néanmoins, il demeure un cadre conceptuel pertinent et utile à mobiliser pour appréhender les interactions entre les humains et la biodiversité dans un contexte de conservation.
Accès aux documents
0
Consultations
0
Téléchargements